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Texte libre

voilà

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 12:56

Il parle
il fouette de mots le vent
on a dressé un échafaud
on va lui ravir la tête.

Ne pleure pas
tu ne laisses rien
le passage des filles a moins d'attrait
que le passage d'une chenille sur un chardon
leur corps ne vaut pas
le spectre frais d'un saule
et leur sexe entre fleur et épine
n'est qu'un terrier pleurard
au pied de l'arbre à seins.

Prends courage devant cet étrange bouquet
là-haut fleurit une fleur éclatante
bruit un serpent de glace
elle a pitié de toi
et va, pour toi seul, être cueillie.

Oh, diras-tu,
que ne suis-je venu plus tôt vers ce désert
que n'ai-je plus tôt fermé les yeux
sous cette nouvelle lessive noire
que n'ai-je plus tôt délivré l'oiseau de ma tête
que n'ai-je plus tôt pressé mon corps
contre ce sexe de douce nuit.

Il se tait
on le donne à la bête amoureuse
on répand sa couleur humide :
l'aube a sa morne température d'aube
Dieu a son morne sourire de Dieu
la mort a sa morne mort de mort.

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